Sauvons le Plaza

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Location: 5e Discovery House, Rte St Jean, Quatre Bornes, Mauritius

Tuesday, July 11, 2006

La mort lente du Plaza...


Le but de ce blog est de faire les Mauriciens prendre conscience que Le Plaza est en train de se dégrader très vite et que si rien n'est fait rapidement, cet édifice prestigieux sera perdu à jamais.
Merci de nous faire part de vos commentaires et suggestions.
Un collectif se met en place pour la sauvegarde de ce fleuron de notre patrimoine, voulez vous en faire partie ? Pouvez-vous nous aider autrement, financièrement, diffuser l'information etc ?
La Fondation Spectacles et Culture a rencontré le maire de la ville et indiqué qu'elle est prête à aider sous réserve que ce haut lieu de la culture soit préservé pour sa fonction première, la diffusion de la culture.
Une levée de fonds est lancée par la Fondation pour la restauration du batiment.
Paul Olsen
Fondation Spectacles et Culture
NB: Ce blog sera enrichi progressivement de photos, de textes et d'informations pratiques

Histoire du Plaza (Texte d'Emmanuel Richon)
En avril 1896 naissait la municipalité de Beau-Bassin Rose-Hill. C'est en 1927 seulement qu'on décida d'entreprendre la construction d'un Hôtel de Ville afin de pourvoir la ville d'un édifice adéquat. À la suite d'une pétition lancée par Victor Singery, membre du Board des Commissaires de la nouvelle ville, il fut demandé que l'on puisse adjoindre au projet de construction, une salle de spectacles digne de la cité. En effet, la migration d'une partie de la population de Port-Louis vers les Plaines Wilhems, éloigna d'autant le théâtre de la capitale.

L'ordonnance n°20 de 1928 autorisa le Board à lancer un emprunt de Rs 300 000, ce qui lui permit d'acquérir un terrain conséquent au centre-ville. C'est par concours que fut arrêté le plan de l'Hôtel de ville et de la salle de spectacles et Coulhac-Mazérieux remporta le 1er prix en imaginant un édifice comprenant trois corps de bâtiments principaux: une administration (bibliothèque, bureaux, salle de réunions, commodités, une varangue), un théâtre (hall avec guichets, foyer avec deux bars, dégagement avec 54 loges, deux vestiaires, promenoir, fauteuils d'orchestre pour 450 personnes, deux couloirs, deux escaliers, foyer des artistes, une terrasse avec pergola et des galeries supérieures pour deuxième classe (422 places) et 3e classe (426 places). Enfin, une salle des fêtes avec une salle de bals, deux vestiaires et une varangue, une salle de banquets et des commodités.


Le projet envisagé était estimé à Rs 472 000, comme l'emprunt obtenu était moindre, le plan dut être modifié, ce qui n'empêcha pas d'ailleurs lors de l'exécution, de dépasser notablement l'estimation initiale. La première pierre fut posée en 1929 et l'inauguration n'eut lieu qu'en 1933, en raison d'un violent cyclone en 1931.
Le nom de Louis Tharaud, homme de théâtre français établi à Maurice, restera lié à la construction par les multiples conseils avisés qu'il sut prodiguer tout au long des travaux. Le théâtre fut inauguré par une séance de cinéma parlant, nouveau à l'époque, mais c'est le Mauritius Dramatic Club qui offrit au Plazza ses premières pièces. Cette association joua un rôle de premier plan dans l'émulation théâtrale qu'elle provoqua durant plus de quarante ans. Mentionnons également le nom d'Amédée Poupard, disparu en 1969 qui, dans le registre des comédies légères, fit merveille. On lui doit la création de la "Société des Metteurs en Scène". Max Moutia, quant à lui artiste lyrique, trouva également en ce théâtre un lieu d'expression à la mesure de son talent. Enfin, Yves Forget fut le premier à y monter des pièces d'auteurs mauriciens. Judas de Malcolm de Chazal en fut un exemple fameux. Plus tard, Azize Asgarally et d'autres, amenèrent de plus grandes audaces encore.
Le Plaza reçut de très grands interprètes étrangers': le célèbre ténor Georges Thill, Charles Trénet, Jacques Brel.
S'y produisirent aussi de très nombreuses troupes indiennes ainsi que de célèbres artistes de la grande péninsule: le danseur Ram Gopal, la danseuse Vijayantimala, les chanteurs Mukesh ou Mohamed Rafi.
Enfin, le tableau brossé du Plaza ne serait pas complet s'il n'était fait mention, parmi tous ceux qui œuvrèrent dans l'ombre à son bon fonctionnement, de l'artiste serge Constantin qui réalisa tous les décors de scènes et en fut le régisseur durant plusieurs dizaines d'années.

Texte d’Emmanuel Richon
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